Kimyoo… une ville remplie de mystère… que ferez-vous ou plutôt… comment réagirez-vous si un jour, une personne frappait à votre porte et vous annonçait qu’il était votre ange gardien ?
 
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 Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue

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MessageSujet: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Ven 9 Mai - 12:26

- Oui, oui, ne vous en faites pas, il faut que nous passions inaperçus un moment ce sera parfait, et un peu de fraicheur ne sera pas mal venue après ces émotions. Même si cela n’a pas changé et qu’il faut toujours rester silencieux, nous trouverons bien une table tranquille dans un recoin. Ha bonjour madame…

- Plus bas, grommela la bibliothécaire à l’air revêche.

Ces deux mots devaient être sa manière de dire bonjour car elle n’ajouta rien de plus, si ce n’est un signe de tête tout juste cordial. Elle s’attarda à les observer ouvertement par-dessus ses lunettes, tout en laissant son doigt parcourir les lignes de son livre comme si elle continuait à s’y intéresser. Saniiro ressentit un petit malaise mais passa outre rapidement, il ne se laissait pas si facilement influencer. Et puis ils n’avaient rien de louches et pouvaient très bien passer pour un couple en quête de savoir. Il est vrai que les bibliothèques sont de moins en moins fréquentées comme un lieu de distraction agréable à partager avec les siens, et que l’on y rencontre plus volontiers des scribouillards et autres professeurs solitaires en mal de sociabilité. Mais pour autant dénotaient-ils si étrangement dans le décor ? Probablement pas, ce qui n’empêchait pas qu’elle les dévisageât autant que possible et avec un œil noir. Cette femme devait être devenue physionomiste depuis les années qu’elle occupait ce poste, comme en témoignait la poussière coincée entre les rides de son visage qui était assortie à celle des ouvrages dont elle était la geôlière, peut être alors lisait-elle en eux ce qu’ils désiraient dissimuler. Mais Saniiro n’avait pas de tels yeux et fit comme si de rien était.


-Venez par là bas, allons le plus loin possible.


En passant devant les journaux il en profita pour en prendre plusieurs, les titres étaient tous aussi extravagant les uns que les autres, il s’agissait de presse à sensation peu regardante sur la nature de ses sources : Kymioo Match, The Rising Sun, Trash City ect… Il étudia la pièce un instant et voyant que tout le monde était plongé dans une lecture ou une autre, par zèle il invita Saori à choisir une revue également :

-Vous devriez peut-être prendre un livre aussi.

Pendant qu’elle faisait son choix, il jetât un coup d’œil rapide sur les personnes présentes, il y avait quelques étudiantes boutonneuses, un ou deux journalistes ou notables, repérables à leurs dictaphones et à leurs tenues plus distinguées pour ces derniers, personne qui n’attirait l’attention en somme. A part une fille à l’air étrange, prés des fenêtres, qui marmonnait toute seule, en tortillant son doigt dans ses cheveux. Saniiro n’était ni peureux, ni paranoïaque, mais il envisagea tout de même que certains pouvait être des policiers d’autres, des détectives privés et la jeune fille… peut être une tueuse en série ou pire, un inspecteur des impôts. Bon d’accord il déraisonnait un peu, mais reprit ses esprits rapidement. Il entraina finalement Saori dans un recoin de la bibliothèque, ils étaient dissimulés par deux hautes rangés de livres du reste de la grande salle et il n’y avait que deux tables qui étaient toutes deux libres. Il choisit celle la plus masqué par l’ombre des derniers rayons solaires et préféra ne pas allumer la petite lanterne malgré la semi-obscurité. Il présenta une chaise à Saori en lui faisant un sourire aimable et lui dit d’un ton léger :

- Je vous en prie, nous allons être bien ici…

- Les tourtereaux au fond silence…


La bibliothécaire avait l’oreille fine…
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Mar 13 Mai - 6:23

Saniiro insista pour qu’ils restent à la bibliothèque, elle ne le contraria pas plus même si l’idée d’avoir une discussion dans ce palais de silence la dérangeait. D’ailleurs ils s’étaient déjà faits remarquer par la bibliothécaire. C’était une femme un peu âgée à l’air très sérieux, voir pincé. Pourquoi fallait il que toutes les employées de ce genre d’endroits soient des caricatures ? Bref elle suivit son protégé vers le fond sans prononcer une parole. Intérieurement elle éprouvait un grand respect pour l’endroit et avait peur de le profaner de part sa voix.

Son protégé s’arrêta en chemin et elle le regarda interloquée prendre quelques journaux de presse à scandales. Un mystère de plus ! Je genre de papiers étaient plus pour les midinettes qui raffolaient de détails croustillants sur la vie de leurs stars ou les hurluberlus fanats de science fictions. Alors que Saniiro avait l’air plutôt rationnel. Enfin peut être avait il pris ces feuilles de chou par hasard mais cependant il avait bien l’air décidé à les lire et avec attention qui plus est.

Il lui conseilla de prendre un document elle aussi. Il était hors de question qu’elle touche à ce genre de revue. Son attention se porta devant le rayon littérature étrangère. Ses yeux furent comme de fait exprès attirés par un titre : Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Elle savait qu’elle l’avait lu dans son autre vie. Elle se saisit du livre et rejoignit Saniiro à la table qu’il avait choisie. Il lui tendit une chaise et elle s’assit sagement, le précieux livre entre les mains. Elle avait presque oublié la raison de leur présence ici envahie par les souvenirs de sa lecture. Un peu comme coupé de la réalité elle l’ouvrit, entendant au loin Saniiro se faire rappeler à l’ordre par le garde chiomes. Avait elle rêvé ou la bibliothécaire les avait qualifié de tourtereaux ? Drôle d’idée… Une association d’idée peut être lié au livre qu’elle tenait. Elle le posa sur la table et l’ouvrit au démarrage de la première scène, acte un. Son cœur s’emballait légèrement en se remémorant les mots qu’il allait trouver.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Mar 13 Mai - 13:01

Elle l’avait regardé avec un drôle d’air à deux reprises. Lorsqu’il avait insisté pour rester ici, et lorsqu’il avait choisit ses revues. Saniiro ne s’en offusqua pas bien au contraire. Il aurait trouvé étrange qu’elle apprécie ce genre de littérature mais il avait ses raisons évidentes. Ils se retrouvèrent donc en face à face. Partiellement masqués du reste de salle à par probablement de la bibliothécaire qui devait avoir développé un sixième sens dans ces murs. Ils pouvaient se détendre, profiter de la fraicheur et recommencer à penser tranquillement. Saniiro avait passé une mauvaise journée. Déjà le matin il avait eut quelques soucis avec son supérieur qui lui reprochait un manque d’assiduité dans son travail. Il est vrai que ses derniers temps sa vie prenait des tournants inattendus, parfois sans raison et le temps qu’il pouvait consacrer à écrire s’en ressentait. Comme cette après midi donc, il ne devait que faire une petite enquête de routine, et il avait croisé une jeune fille agréable. Quoi de plus naturel ? En plus il avait fait beau. La journée aurait pu repartir du bon pied. Mais non voilà, tout d’abord il s’était retrouvé dans un trouble sur lequel il n’avait pas encore mit de nom, simplement en regardant Saori, et aux indices qu’elle lui laissait. Et puis le grand final avec course poursuite le laissait vraiment mal à l’aise. Mais pourquoi restait-elle avec lui ?!

Un silence pesant s’était établit entre eux alors qu’il la dévisageait. Comme à chaque fois il ressentait la douceur presque palpable qui émanait d’elle et s’en retrouvait attiré. Pour autant il commençait à s’y habituer et cherchait à la sonder d’avantage. Il plongeât ses yeux couleur d’ébène dans son regard. Sa main pianotait instinctivement sur le dictaphone qu’il avait aussitôt sortit de sa poche et, il n’esquissait alors aucun sourire. En plus elle allait exiger des réponses de lui. Naturellement Saniiro était protecteur et en fils unique il n’avait guère l’habitude de se confier aussi il aurait préférer garder tout cela. Mais elle l’avait aidé, elle avait été honnête avec lui, et il voulait l’en remercier, il devrait donc commencer par là. Il allait donc risquer gros il le savait. Pendant une seconde il songeât qu’il aurait pu invoquer une raison ou une autre pour dévier la conversation où même les faire repartir, mais il ne le voulait plus. Il se sentait prés à se confier. D’ailleurs garder un secret commencer à être lourd, et cela ne lui ferait pas de mal non plus… Mais elle alors ? Pouvait-il se permettre de bousculer les idées reçues d’une inconnue, pouvait-il décemment bouleverser le monde dans lequel elle vivait, alors qu’elle semblait en mériter le meilleur. Retrouverait-elle le sommeil après ses révélations ? Il ne supportait pas l’idée de lui faire de mal. Mais il devait le faire quoiqu’il en coute. Elle le prendrait pour un fou d’abord, comme toujours ça il y était habitué, mais il ne devrait pas se contenter de tout révéler cette fois : il lui devait de prendre le temps de la convaincre.

Il prit alors une grande inspiration en fermant les yeux et entrouvrit la bouche prête à prendre la parole, lorsque posant son regard sur son livre il en vit tout à coup le titre. Il n’y avait pas fait attention lorsqu’elle l’avait choisit tout à l’heure, mais de voir le sujet de ce roman bien célèbre il ne put s’empêcher d’en sourire. L’avait-elle prit par hasard ? Il se rappela qu’elle avait prit le temps de lire les champs. Elle avait donc le gout de la romance… et qu’elle romance que celle-ci ! Une des plus belles, des plus tragiques, des plus pathétique aussi. Cela lui fit comme un tilt. La délicatesse qu’elle affichait ne pouvait venir que de sa faculté à aimer. C’est pour cela que les enfants se confiaient naturellement à elle, et que lui-même en avait envie… Il comprit qu’il était face à quelqu’un de particulier, un être exceptionnel qui pourtant devait avoir ses faiblesses. Une telle qualité devait s’accompagner d’une tare de taille… Si elle savait si bien donner… Surement que… Savait-elle recevoir ? A moins d’être d’un caractère divin sa tendresse finirait par s’évanouir, elle se sentirait lassée, désabusée, si rien ne venait la réalimenter. Il devenait flagrant que cette jeune femme avait besoin d’amour, mais d’un amour si grand que peut-être jamais elle ne trouverait une personne capable de la combler…

Saniiro pendant 5minutes, ne dit pas un mot….
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Jeu 15 Mai - 3:34

Loin de se douter dans quel état d’esprit était son protégé, Saori se laissait emporter par les mots, bien loin de là, en un autre temps. Saisie par la magie de la littérature elle en avait une fois de plus oublié sa mission. Décidément l’ange novice méritait de se faire rappeler à l’ordre. Elle dévora bien vite une page puis deux et soudain l’étrange sensation de tristesse l’envahit de nouveau. Délaissant un instant l’ouvrage qu’elle tenait entre ses mains, elle sentit sur elle le regard de Saniiro. Etait ce lui qui était triste ? Rappelée ainsi à l’ordre, elle s’en voulut de l’avoir encore négligé même juste quelques minutes. Il fallait vraiment qu’elle fasse attention et mette de côté ses rêveries. Elle releva les yeux vers lui et lui sourit, un peu intimidée par la manière intense avec laquelle il la dévisageait. Le silence entre eu commençait à se faire pesant.

« Excusez moi je me suis laissée emporter par ma lecture mais vous avez toute mon attention désormais. Je vous écoute. »

Tout de même cette façon qu’il avait de la fixer, cela la rendait mal à l’aise. On aurait dit qu’il voyait au plus profond de son âme. Il semblait troubler, l’avait il percé à jour ? Avait il deviné qui elle était ? Non ce n’était pas possible, il avait l’air bien trop terre à terre, scientifique, rationnel pour croire aux anges. Alors qu’est ce qui pouvait bien le mettre dans cet état ? Peut être quelque chose qu’il avait lu dans un de ces « magazines » de presse à scandales. Peut être qu’il la regardait sans la voir ? Il n’aurait pas été le premier… Tiens étrange réflexion… On se sentirait mal aimée miss Yume ? Fichue mémoire qui faisait des siennes ! Être un mystère pour soi-même quel comble ! Et voilà qu’elle détournait de nouveau son attention. Incorrigible ange ! Elle se concentra un peu plus sur le jeune homme qui lui faisait face, bien décidée à ne plus être prise en défaut, et attendit gentiment sa réponse.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Dim 18 Mai - 7:11

Les mots simples mots de Saori raisonnèrent dans la tête de Saniiro. « Laissée emportée » avait elle dit, en effet c’était de cela qu’il s’agit : se laisser emporter. Tout la journée n’avait été qu’une succession d’évènement dont il n’avait put garder le contrôle et la encore ses pensées divaguaient sans qu’il arrive à les maitriser leur valeur réelle. Ce qu’il retint ensuite c’était qu’elle lui donnait la parole. Le moment était donc venu. Saniiro, refoula ses vielles manies de garçon bien élevé, et tenta de parler autant que possible sans détours afin qu’elle puisse mesurer le poids de ses mots.

- Merci, de me laisser vous parler. Après notre fuite, j’ai craint que vous ne vouliez partir ce que j’aurais bien comprit. Je ne sais ce qui vous a poussé à rester auprès de moi, la curiosité, peut être par politesse, où autre chose encore.


Il marqua une courte pause. Il dégageât une mèche de ses cheveux qui lui masquait le visage et esquissa un petit sourire à Saori. Il reprit ensuite sur le ton le plus posé qui soit, il se dégageait une assurance nouvelle de Saniiro.


- Mais je ne le vous demanderai pas, bien évidement cela ne regarde que vous. Je vais donc faire honneur à votre gentillesse en vous révélant ce qui a motivé tout ceci. Vous n’allez probablement pas me croire, aussi tout ce que je voudrai c’est que vous me laissiez parler jusqu’à ce que j’en ai fini. Ensuite vous pourrez me juger comme il vous plaira, j’en assumerai les conséquences.


Il prit une petite inspiration, cherchant une acceptation dans le doux regard de Saori.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Lun 19 Mai - 4:40

Cette fois Saori était bel et bien concentrée. Son regard planté dans celui de son protégé elle l’écoutait puisqu’il avait visiblement quelque chose d’important à lui révéler. D’ailleurs son visage grave et son ton sérieux lui faisait un peu peur, il fallait bien l’avouer. Qu’avait il de si terrible que ça à dire ? Etait il atteint d’une maladie grave et irrémédiablement mortelle? Ou peut être qu’elle s’était trompée et qu’il était bel et bien recherché par la police. Pour un crime qu’il n’avait pas commis peut être et elle était celle qui devrait prouver son innocence. Peut être était il un agent secret chargé d’une périlleuse mission ? Ou bien il était un extraterrestre venu envahir cette planète incognito. Mais en ce cas une question primordiale se posait : les martiens ont-ils un ange gardien ?

Bon là Saori tu dérailles ma grande ! Ce doit être toutes ces couvertures de magazines à sensations qui t’ont inconsciemment pollué la tête. Tu n’es pas Julia Roberts, superbe actrice et la vie n’est pas un film. Au pire il va te raconter que la petite fille est l’enfant cachée que son père a eue avec la bonne. Il est donc charger de veiller sur elle et de cacher son existence pour ne pas entacher la réputation de la grande famille des trucmuches de la planche à clous. Oui enfin là encore, dans ce cas pourquoi se confier à elle ? Elle n’était qu’une vulgaire inconnue qui avait essayé de l’aider, la plupart des gens dans pareille situation lui aurait à peine adressé un sourire et un merci. Bref petit ange tu t’emballes et au lieu de laisser ton imagination galopante partir dans mille scénarios hollywoodiens tu ferais mieux de l’écouter finir.

Saori lui adressa donc un sourire bienveillant pour l’inviter à poursuivre. Elle était curieuse c’est vrai de savoir ce que Saniiro pouvait bien avoir à cacher.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Mar 20 Mai - 14:43

Saniiro ne remarqua pas que Saori avait un peu perdu l’esprit, il était bien trop concentré sur la gravité de ce qu’il allait lui annoncer. Le faire avec tact n’était pas aisé, il risquait d’être flou, cependant il ne pouvait se résoudre à la brusquer. Alors choisissant ses mots avec soin il entama son exposé sommaire.

- Bien, par où commencer…

Il regarda ses mains et vit les revues qu’il avait choisit tout à l’heure.

- Vous devez vous demander pourquoi j’ai prit ces revues à scandale. Je suis journaliste et je sais reconnaitre un torchon lorsque j’en vois un. Ceux-ci en sont indubitablement. Il n’y a là-dedans aucune place pour le vrai journalisme et l’intérêt de la ligne éditoriale se limite à faire du chiffre. Mais ce n’est l’important. Ce qui est intéressant c’est que certaines de ses histories, une infime partie sont vraies. Où du moins découlent d’un fond de vérité. Parfois la vérité est même plus étrange que ce qui est noté sur le papier. Mais je ne vous demandez pas de me croire sur parole. Moi-même je…

Saniiro, se reprit, il n’entamait pas la conversation comme il fallait, comment pourrait-elle le croire si il tente de justifier ses actes avec des recueils de balivernes. Non il devait partir d’un exemple flagrant, qui suffirait à lui faire ouvrir les yeux… Seulement voilà c’était justement ce qu’il cherchait depuis si longtemps. En vain. Son désespoir lui revint de plein fouet, sans prévenir. Voilà qu’il venait de paraitre ridicule face à la seule personne qu’il avait rencontré et qui aurait peut être pu l’aider, surtout la seule personne qu’il avait trouvé intéressante depuis longtemps et qu’il aurait voulu continuer à voir. Mais elle devait le prendre pour un illuminé maintenant et il ne pouvait plus faire machine arrière. Il en avait marre, il était lassé de toute cette quête ridicule qui ne menait à rien et lui faisait perdre son temps. Tout ce qu’il demandait c’était des réponses et on les lui refusait. Il était frustré. Il chiffonna les revues dans ses mains et regarda Saori avec un air désespéré. Il retint une exclamation en libérant un soupire qui n’en finit pas. Puis fermant les yeux il baissa la tête devant elle et lui murmura.

- Excusez moi, oubliez ce que je viens de vous dire… Oubliez-moi, vous feriez mieux de partir. Je vous fais perdre votre temps… merci, adieu.

Il ne bougeait plus, la tête toujours baissée, il espérait juste qu’elle partirait son trop lui en vouloir, accessoirement sans prévenir la police… Et encore, au moins en prison il n’aurait plus à se poser de questions, ce ne serait peut être pas plus mal. En fait Saniiro n’était pas loin d’avoir des idées morbides. Il craquait sous les yeux de Saori après tant de tensions et de non dit, il était arrivé à bout de sa patience.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Mer 21 Mai - 3:34

Saori ne comprit pas ce qui se passait. Un instant elle avait devant elle un jeune homme passionné et sûr de lui, et la minute d’après il craquait. Elle se prit sa vague de lassitude et de désespoir de plein fouet. Plus que les mots, c’étaient les émotions qui émanaient de Saniiro qui la blessait. Un instant, envahit elle-même par ce qui le dévorait lui, elle fut prise de l’envie de s’enfuir et de se cacher dans un coin pour pleurer. Après tout si c’était ce qu’il voulait… Mais non, ce n’était que des paroles. Au fond de lui il avait envie de croire, d’y croire, il subissait juste une baisse de motivation. Elle ne savait toujours pas ce qu’il cherchait ni pourquoi mais elle savait que cela lui tenait à cœur. Elle était là pour l’aider et elle allait accomplir sa mission.

L’ange se leva doucement de sa chaise et vint s’asseoir sur celle à côté de son protégé. Tendrement elle posa sa main sur la sienne et lui adressa un sourire bienveillant.


« Allons vous n’allez pas renoncer. Je ne vous connais pas vraiment mais je suis sûre que vous êtes plutôt du genre à vous battre plutôt qu’à baisser les bras. C’est normal de se sentir démotiver parfois mais il faut aller jusqu’au bout de ce qui nous tient à cœur. Je n’ai pas bien compris ce dont il s’agissait mais si je peux vous aider à nouveau soyez sûr que je le ferais. »

Saori se rendit compte que son cœur battait un peu plus vite dans sa poitrine. Visiblement elle s’était déjà attachée à Saniiro et le voir ainsi dans la peine la touchait. C’était étrange tout de même. Elle avait le sentiment que beaucoup de choses les opposait et pourtant… Enfin on voit plus facilement les éléments qui divergent plutôt que ce qui nous rassemble. Elle espérait en tout cas que ses paroles l’avaient un peu apaisé et qu’il allait reprendre le dessus. Elle préférait encore le jeune homme fier et hautain de tout à l’heure plutôt que celui fragile qu’elle voyait à présent. Quoique après tout, cela avait quelque chose de terriblement attendrissant qui lui allait droit au cœur.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Jeu 22 Mai - 13:40

Elle venait de poser sa main sur la sienne… Saniiro était perdu dans ses pensées noires et se coupait du monde. Il ressassait toute l’ineptie de sa situation, il refoulait avec peine sa colère face à une injustice flagrante. Il était en proie à plus d’un tourment lorsqu’elle… posa sa main sur la sienne.

L’instant fut suspendu dans le temps. La nuit et le jour stoppèrent leur course poursuite sans fin. L’air lui-même se figea ne laissant plus transparaitre le moindre son. Et la vie dans le corps de Saniiro fit comme un sursaut. Stoppé, tel une seconde oubliée, le temps se rattrapa sur les suivantes plus que de nécessaire : tout accéléra. Tout à coup son cœur pulsa, le sang bondit dans ses artères à les faire exploser, il reprit sa respiration comme après une apnée de longue durée, et ouvrit les yeux comme s’il sortait d’un violent cauchemar. Derrières les yeux de Saniiro le sombre voile qui obscurcissait ses pensées avait été percé par une lueur aveuglante d’une pureté opaline. Le temps filait toujours aussi vite pour lui, qui ne comprenait pas ce qui arrivait, se contentant de suivre le flot. Il surfa sur cette vague qu’il nomma ‘espoir’ après coup car il assimilait à rebours les mots qu’elle lui avait prononcés. Il ne pouvait que croire ce qui sortait de son sourire si doux et ce n’était rien de moins qu’une déclaration de foi. Elle disait avoir foi : en lui ! Comment le pouvait-elle ? Comment lui-même pouvait-il la croire ? Sur quoi se basaient leurs réflexions ? Voilà autant de questions que ne se posa pas Saniiro. Il avait confiance en elle, tout simplement. Toute sa peine s’envola. Ce n’était pas leur premier contact, mais celui-ci fut différent, d’une certaine manière ce serait leur premier, car Saniiro allait s’en souvenir comme tel jusqu’à sa mort. Ce ne fut donc pas fébrile, ou hésitant qu’il releva la tête, mais emplit de la joie sans pareille de son aisance retrouvée. Il n’avait uniquement qu’un doute exquis lorsqu’il se tourna vers Saori pour poser son regard dans le sien, comme elle l’avait fait de sa main. Leurs visages étaient si prés l’un de l’autre, qu’il ne savait quel œil regarder, si bien qu’ils dansaient ensemble dans un balais déroutant.

Son souffle n’avait jamais été aussi calme et il respirait le plus naturellement du monde, s’emplissant de son subtil parfum rappelant celui du soleil donneur de vie. Il avait une étoile en face de lui, chargée d’une énergie électrique qui lui parcourra l’échine lorsqu’elle soupira doucement. L’effluve de son subtile halètement timide venant de déposer une frivole caresse sur les lèvres de Saniiro, celles-ci éclorent alors pour laisser germer en leur sein l’écoulement évident de son émoi réconforté :

- Merci.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Ven 23 Mai - 6:22

Tout de même Saori s’inquiétait pour son protégé, un tel découragement, une telle détresse. Sa « mission » devait vraiment lui tenir à cœur pour qu’il prenne les choses avec une telle gravité, une telle passion. Au moins ses paroles semblaient avoir eu leur petit effet et l’avaient un peu apaisé. Il sembla reprendre confiance et la remercia.

Soudain, l’ange ressentit une sorte de trouble l’envahir. Ses yeux étaient toujours plongés dans le brun de ceux de Saniiro, sa main toujours sur la sienne. Ils étaient trop près, bien trop près. Elle rougit légèrement à cette pensée mais pourquoi ? Qu’elle était cette sensation étrangère ? Etait ce d’elle que venait cet émoi ou bien du jeune homme ? Pendant quelques secondes qui lui semblèrent bien longues elle se sentit comme perdue. Une fois de plus elle fit l’effort de reprendre le contrôle d’elle-même et surtout de ses émotions. Il fallait absolument qu’elle reste concentrée. Dès qu’elle se retrouverait seule elle pourrait analyser tous les évènements étranges de cette journée et tout ce qu’elle avait ressenti mais le moment n’était pas encore venue.


« Bien dites moi en quoi je puis vous être utile alors ? »

Elle avait chuchoté cependant le chien de garde qui servait de bibliothécaire les rappela de nouveau à l’ordre. Il fallait vraiment qu’ils trouvent un endroit plus commode pour se parler. Et puis un peu d’air frais lui ferait du bien, le trouble qu’elle avait ressenti persistait encore un peu. Baissant encore la voix en se rapprochant de l’oreille du jeune homme elle ajouta :

« Je pense vraiment que nous devrions trouver un autre endroit où nous serions plus à notre aise pour discuter. Vous avez une idée ? »

Elle aurait eu du mal à lui en proposer un elle-même, elle se sentait encore déboussolée depuis son passage dans « l’au-delà » pas si lointain que ça d’ailleurs. Sa mémoire ressemblait toujours à un gros gruyère dans lequel on aurait trouvé bien plus de trous que de fromage…
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Dim 25 Mai - 12:12

Sans prétendre savoir lire dans des yeux en si peu de temps, Saniiro pensa qu’il avait lui aussi touché Saori à la manière qu’elle avait de répondre à son regard. Il espérait déjà toutes sortes de choses insensées, sans vraiment chercher à les comprendre, mais il était bien avec elle et se sentait soulagé, bien que toujours surprit, qu’elle ne soit pas partie.

Une fois encore ses paroles furent d’or. Satori détourna l’attention de Saniiro vers l’étrangeté de leur situation. Alors qu’un lien commençait à se former entre eux ce lieu publique et réglementé n’était pas l’endroit rêvé pour converser. Saniiro suivit donc son conseil avisé.

- Je vous expliquerais tout ca, mais vous avez raison nous devrions partir d’ici. Je vais emprunter ces revues et votre livre si vous le désirez… à moins que vous n’ayez vous-même une carte d’emprunt ici.

Ces quelques paroles suffirent à faire dresser une oreille à la gardienne mal aimable, mais elle ne moufta pas voyant qu’il se levait. Il glissa sa main doucement de sous celle de Satori et la lui prit pour l’aider à se relever. Il en profita pour lui parler à l’oreille.

- Nous pourrions aller chez moi, mais ma voiture est garée sur le parking de l’hôpital, et nous devrions nous faire oublier de cet endroit pendant quelques temps. Rentrer à pied serait un peu long, mais vous-même habitez dans le quartier ?

Saniiro ne pouvait se douter que cette question si anodine allait poser un problème complexe à la jeune fille. Sa pureté supporterai elle encore le mensonge une fois de plus, même en tant que sacrifice louable ?
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Lun 26 Mai - 7:24

Saori Se sentait de plus en plus mal à l’aise dans cette bibliothèque. Le regard de la responsable pesait sur elle et sa conscience angélique. Heureusement Saniiro accepta de changer d’endroit. Il lui proposa d’emprunter son livre, à moins qu’elle ne le fasse elle-même avec sa carte de bibliothèque. Un ange avec une carte de bibliothèque ? Bien sûr elle allait sortir son ancienne carte de lycéenne ce serait drôle de voir la réaction de la bibliothécaire quand elle découvrirait que la demoiselle est décédée. Pourtant bizarrement à l’idée de pouvoir relire ce livre à ces moments perdus, elle était bien tentée il faut l’avouer.

« Si ça ne vous dérange pas je veux bien que vous l’empruntiez pour moi. Je ne dois pas avoir pris ma propre carte. J’étais loin de m’imaginer allant à la bibliothèque aujourd’hui. »

Son protégé se leva et lui prit la main pour l’aider à faire de même, ce contact ne fit que rajouter au trouble qu’elle avait ressenti auparavant. Elle le chassa vite de son esprit déjà bien trop encombré et quitta sa chaise. Le jeune homme chercha alors un endroit où ils pourraient se rendre. Il proposa sa propre demeure mais elle était loin visiblement et sa voiture coincée à l’hôpital. Peut être proposa t’il qu’ils pourraient se rendre chez elle. Ben voyons, amener son protégé au paradis c’était briser quelle loi déjà ? Ah oui la numéro 2 !

« A vrai dire je n’habite pas à côté moi non plus et je ne vis pas seule or je pense que ce que vous avez à me dire doit rester discret non ? »

Non elle ne mentait pas, le ciel n’est pas si proche que ça surtout pas pour les humains et elle n’est pas le seule à y vivre.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Mer 4 Juin - 14:08

Pour lui répondre il haussa les épaules :

- Oui, c’est sur, encore qu’on me prendrait tout simplement pour un illuminé, donc cela ne porterait pas trop à conséquence.

Il lui sourit, pour faire passer cette phrase étrange pour une possible plaisanterie, bien qu’après son ton sérieux de tout à l’heure cela paraitrait peu crédible. Saniiro voulait emmener Saori dans un endroit tranquille, mais il ne savait pas où aller. Alors que le soir tombait il n’allait pas tarder à faire frais, le parc, la plage, ou un endroit en extérieur n’étaient pas la bonne solution. De plus il leur fallait un lieu paisible pour ne pas être à nouveau dérangés. Et manifestement elle n’habitait pas la porte à coté. Bien sûr ils auraient pu se louer une chambre dans un hôtel, mais le quiproquo latent les auraient mis mal à l’aise et puis ce serait un peu cher payer pour un simple bavardage. Il sourit en repensant à tout ca lorsqu’ils arrivèrent devant la bibliothécaire, sans hésiter Saniiro choisit de s’adresser plutôt à son assistante qui n’en semblât pas surprise. En quelques banalités convenues, il désigna les revues et le livre qu’il voulait emprunter et ils sortirent enfin respirant l’air libéré de cette ambiance semi-pesante.

- Je connais un petit café plaisant à quelques rues d’ici. En fait, je n’y ai jamais été, mais on m’a dit qu’il était calme et agréable, en plus ils vendent des glaces délicieux parait-il, nous pourrions y aller, mais vous connaissez peut être : c’est le « Coffee on the rocks ».

Il laissa planer un silence, mais voyant qu’elle ne semblait pas réagir, il lui précisa :

- Sauf si vous avez une meilleure idée, il fait encore bon après tout, nous pourrions simplement marcher… Mais j’aimerai autant que nous soyons entre quatre murs au cas où mes confessions vous donneraient l’envie de fuir.


Saniiro, fit mine de sourire, mais comme dans le fond il était sérieux, il n’était pas sur encore une fois de son effet… Il n’avait pas été aussi stressé depuis qu’il avait quitté son foyer familial (ancestral), pour se lancer dans la grande aventure que représente, la vraie vie. Bien sur il avait troqué les chimères de ses glorieux ancêtres par celles d’hypothétiques déités masquées, ce qui n’avait rien de bien terre à terre. Sauf si évidement cela devait se révéler un jour être la vérité…
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Jeu 5 Juin - 3:37

Après un bref passage à l'accueil pour emprunter les ouvrages qu'ils avaient choisi, ils sortirent enfin de la bibliothèque. Saori se sentit drôlement soulagée, ne risquant plus de troubler un endroit aussi sacré à ses yeux. Son protégé lui proposé alors d'aller dans un endroit appelé le "Coffee on the rocks". Il lui demanda si elle y avait déjà été. Saori ? Dans un bar ? Il y avait de quoi rire, enfin sauf que Saniiro ne la connaissait pas. D'ailleurs elle même avait oublié qui elle était mais elle se sentit autant mal à l'aise à l'idée d'aller prendre un verre dans ce café que de parler dans une bibliothèque, c'était dire. Elle savait d'avance qu'elle n'y serait pas à sa place. Malgré sa mémoire défayante, elle aurait pu parier qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans un tel endroit. Quoique parier c'est mal non? Bref elle n'avait pas bien le choix de toute façon, elle n'avait pas mieux à proposer et elle aurait paru ridicule si elle avait avoué ses apréhensions sur ce café et leurs raisons...

"Bien je vous suits alors."

Elle lui emboîta le pas à travers les rues. Le soir commençait à tomber et tout était relativement calme autour d'eux. L'air se rafraichissait ce qui fit légèrement frissonner l'ange. La journée se terminait déjà, sa première journée de novice, son premier proytégé. Enfin tel qu'ils étaient partis il pouvait encore arrivé bien des choses et peut être allait elle enfin apprendre le terrible secret de Saniiro.
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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   Mar 10 Juin - 12:59

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MessageSujet: Re: Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue   

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Entrevue discrète au crépuscule d'un prologue
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